Le « cartel du yaourt » écope d’une très lourde amende

L’Autorité de la concurrence a condamné les laitiers français qui produisent sous la marque distributeur MDD d’une amende de 192.7 millions d’euros.

La sanction émise par l’Autorité de la concurrence touche fortement Lactalis et Nestlé. Les deux groupes associés sont contraints de verser 56.1 millions d’euros. À ce montant, Lactalis doit encore adjoindre 4 millions d’euros sur son activité crème et beurre.

Senagral, filiale de Senoble, doit verser à une amende de 46 millions d’euros. Pour Novandie, filiale d’Andros, l’addition s’élève à 38.3 millions d’euros. Les Maitres Laitiers du Cotentin quant à eux est condamnée à 22.9 millions d’euros. Certaines PME telles que Triballat ont aussi été sanctionnées d’une somme de 1.4 million d’euros. En tout, ce sont 10 entreprises qui sont touchées comme Laïta, Yéo Frais, Laiterie de Saint-Malo et Alsace Lait.

Yoplait et General Mills épargnés

Le groupe Yoplait a été épargné par la sanction collective de l’Autorité. Cela est dû au fait qu’il a choisi de dénoncer ses concurrents. En accord avec Général Mills, son actionnaire majoritaire, il a contacté l’Autorité en aout 2011 afin de divulguer les méthodes de ces derniers. Cela lui a permis d’échapper à la sanction. Les représentants du groupe ont confié à l’Autorité de la concurrence un « carnet secret » où un salarié de Yoplait consignait minutieusement les notes prises durant les échanges téléphoniques et les réunions avec ses concurrents.

Des accords secrets

Les premiers contacts remontent à 2002, mais s’étaient intensifiés entre 2006 et 2012. Les participants organisaient les rencontres dans différents hôtels très discrets. Les représentants de Senagral, Yoplait, Novandie et Lactalis faisaient des échanges téléphoniques avec des téléphones secrets.

À chaque rendez-vous, ces entreprises s’informaient sur les hausses de prix passées, puis elles s’arrangeaient sur les augmentations à appliquer aux distributeurs. Ces leaders ont également signé des pactes de non-agression visant à partager les volumes et à fixer leurs positions respectives.

Un marché perturbé

En 2012, le groupe Senoble décide aussi de confesser cette pratique litigieuse à l’Autorité de la concurrence. Cette démarche lui permit d’obtenir une remise de peine. Risquant 100 millions d’euros d’amende, il ne devait plus que la moitié.

L’Autorité affirme que ces pratiques illégales ont véritablement perturbé le marché. De plus, les entreprises concernées représentaient 90% du secteur des produits laitiers MDD et environ 40% du marché total.